La Fraternelle de Jouarre
Association amicale des Anciens combattants et victimes de guerre
Chers amis anciens combattants de tous les conflits 1939 / 1945 – Algérie – Maroc – Tunisie – Indochine – Opérations
extérieures,
Même si notre activité première est de perpétuer le devoir de mémoire de nos collègues disparus, elle consiste également à créer des évènements plus heureux ou chacune et chacun aiment se retrouver.
Un dernier rempart contre l'oubli ( par Yves Marie LARIVIERE
)
Le premier sens que l'on peut donner aux monuments aux morts est celui de la raison pour laquelle ils ont été érigés: rendre hommage à tous ceux qui, connus ou anonymes sont tombés pour la défense de la France. La mémoire des morts ne peut se contenter d'un seul jour. Celui de l'armistice de 1918. Le 11 novembre ne suffit pas pour se souvenir. De même lorsqu'un proche décède, on ne se contente pas de le célébrer à chaque anniversaire mortuaire : on se l'approprie par le biais d'une photo souvenir, mise en évidence dans la pièce commune afin de ne pas l'oublier. Les monuments sont également un rappel permanent à nos morts. Ils entretiennent ainsi le souvenir universel et collectif.
Ces monuments sont là aussi comme autant de témoignages pour dénoncer les horreurs de la guerre et ses absurdités. Nombre de ces monuments sont des figures de proues d'un patriotisme virulent et d'un républicanisme fervent.
Un monument, une plaque ou
un nom de rue sont des documents sociaux et historiques qui fournissent des informations primaires sur une personnalité
ou un événement, sur son passé, celui de sa commune, de sa région. Ils reflètent les opinions et les valeurs défendues par une société, un groupe, une commune, un pays à une certaine époque de
notre histoire.
Les principales raisons d'être d'un monument, d'une plaque ou d'un nom de rue sont la volonté de transmission et de commémoration.
Dès le début du premier conflit mondial, débordé par le nombre de tué et de blessés dans ses rangs, l'armée française ne trouve pas d'autre
solution pour gérer ses morts que de les inhumer sur place. Rapidement l'état est débordé et cesse cette activité.
Pour les familles qui ne possèdaient pas de sépulture familiale et n'avaient pas les moyens d'en acquérir les communes délivraient à titre gratuit et perpétuel des
emplacementspour accueillir les corps des "Morts pour la France". Celles-ci étaient alors munies de croix de bois qui pour certaines ont été remplacées au fil des années par des
emblèmes en béton ou en fer
De nos jours, les frais occasionnés par l 'entretien de ces tombes, la disponibilité ou la disparition des familles, voire même le simple oubli de ces malheureux "que l'on
a pas connus" imposent un constat dur à admettre, il devient impérieux de rassembler une dernière fois les restes mortels de ceux dont les tombes sont tombées dans l'abandon.
C'est la mission que s'est fixée "La Fraternelle":
LA CRÉATION D'UN CARRÉ MILITAIRE
Sœur Anne ne vois tu rien venir ?
Après la restauration du monument aux morts de Jouarre, le président de l'amicale des anciens combattants de Jouarre / Sept-Sorts " La Fraternelle" soumet en date du 28 décembre 2008 à la municipalité de Jouarre un projet de réalisation d'un carré militaire destiné à regrouper des sépultures de combattants "Morts pour la France" réparties en déshérence dans le cimetière communal.
Ce projet reçoit aussitôt un avis favorable de la municipalité. Les arrêtés nécessaires sont pris et une subvention est accordée à celui-ci lors du budget suivant.
La participation du Souvenir Français , association créée en 1887 pour que les combattants "Morts pour la France" ne tombent pas dans l'oubli et ne terminent pas dans les fosses communes, est sollicitée
Dès cette demande, nombre de tracasseries administratives surgissent. Tout d'abord trois soldats déclarés "Morts pour la France" dont les noms figurent sur le monument aux morts et inhumés comme tel depuis 1918 ne sont soudainement plus reconnus en cette qualité. (Ils étaient soit disant déjà malades lorsqu'on les a recruté !!!!)
Surgissent ensuite les difficultés d'appartenance des sépultures, Etat, Familles aujourd'hui disparues et des divergences existent entre le pôle de sépulture de guerre et les archives de la DMPA (Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives)
Par dernier courrier (daté du 4 mai 2011 grand silence depuis cette date), le Souvenir Français estime : " qu'il ne lui appartient pas d'apporter son aide à la restauration de tombes dites d'Etat. (sauf convention à intervenir avec celui-ci et obligation de verser des indemnités d'entretien majorées d'arriérés impayés" (sic) ).
Situation bien improbable d'autant plus que ces tombes n'ont jamais fait l'objet d'aucun entretien et qui semble mettre un coup d'arrêt brutal au projet.
D'autres communes ont cependant obtenu la rénovation de leur carré militaire avec bien moins de soucis et cependant pour des coûts beaucoup plus important que l'estimation du carré militaire Jotrancien.
Pourquoi un tel refus à Jouarre ?
Pourquoi, alors que tous s'accordent à perpétuer la mémoire de ces hommes qui ont sacrifié leur vie pour notre pays et alors que de ci de là s'ouvrent des musées afin de retracer les moments difficiles vécus par ceux-ci, les combattants inhumés à Jouarre n'auraient-ils pas droit eux aussi à une sépulture décente dans leur carré militaire ?
Doivent-ils être abandonnés dans ces tombes dont il ne reste parfois plus rien ?
L'administration du Souvenir-Français a-t-elle à ce point soudainement changé ?
A l'approche de la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale, et du développement des actions de mémoire, l'Etat envisage la rénovation des grandes nécropoles nationales et de quelques carrés militaires communaux importants.
Devant tant de difficultés administratives, d'obstinations et d'incompréhensions soudainement surgies, le délégué départemental du Souvenir Français chargé des travaux a préféré démissionner et le président de la Fraternelle à l'origine du projet, s'apprête en cette fin d'année à jeter l'éponge.
Affaire à suivre….
Claude POTTIN Président de la Fraternelle de Jouarre.